Le Gourbi de Berre a des suites incroyables… Y-a-t-il encore de l’esclavage à notre porte?


Il y a quelques semaines, le Gourbi de Berre avait été évoqué ici… Vous savez, ces logements insalubres des exploitations agricoles dans lesquels ont été « logés » pendant des années les ouvriers maghrébins, sans papier, précaires et payés au black; ces caravanes délabrées avaient finalement été sauvagement rasées par le bon Sénateur-Maire de Berre, qui donnait ainsi satisfaction à ses électeurs les plus extrémistes. Certains ouvriers avaient alors été dispersés, certains relogés dans la Sonacotra, certains relégués au camping sauvage dans ou contre les serres.

Question de salubrité publique avaient dit Serge Andréoni, le Maire, et le sous-préfet mis à la retraite à cette occasion… Mais que s’est-il passé depuis? Pourquoi est-ce qu’on n’entend plus parler des Serres de Berre?

Premier fait, les exploitants agricoles ont mis en place, année après année, une véritable industrie productiviste qui fournit des tomates hors-sols pour les chaînes de distribution locales (Leclerc, Carrefour, Auchan,…), industrie qui utilise une grande quantité d’intrants, pesticides, nitrates, et autres produits aussi toxiques pour le vivant et polluants pour la nappe phréatique. Étranglés financièrement par les importations de produits espagnols par les grandes surfaces, les exploitants sont finalement acculés à la faillite: seuls 30 hectares de serre subsistent sur les 300 d’il y a 5 ans !

Autre fait, effarant celui-là: les exploitants agricoles ont fait appel à une société d’intérim espagnole Terra Fecundis qui est allé recruter des ouvriers Guatémaltèques pour remplacer les sans-papiers disséminés. Ces nouveaux ouvriers ne travaillent pas sous un régime social français (y-a-t-il un droit social au Guatémala?), sont sans famille, ne parlent pas un mot de français, et ont l’interdiction formelle de sortir des exploitations… On aurait ainsi 480 ouvriers sur les Bouches du Rhône.

ON REVE!!

Les associations et ONG (notamment Médecins du Monde) qui sont sur place rencontrent d’énormes difficultés à entrer en contact avec ces nouveaux « esclaves », et recherchent des bénévoles hispanophones pour les aider… Avis aux volontaires.

Il y a quelques semaines, un Médecin, élu PS à Salon, Vice-Président de l’Agglopole, dont j’avais évoqué de façon un peu sarcastique le voyage éclair en Haïti, sous l’appellation « French Doctor », m’a contacté. Il m’a dit: « le Gourbi de Berre, c’est pas un problème social, mais un problème sociétal « . Ça change tout, n’est-ce pas Michel!

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